Antidote et vaccin contre deux attitudes intérieures qu’Allah Ta’âlâ n’aime pas, et qui nous éloignent de Sa miséricorde :
Hazrate Maoulanan Chah Hakeem Mouhammad Akhtar (rah) conseille vivement, dès qu’une bonne action est accomplie – individuelle ou pour le service de la religion ou de l’humanité, de réciter immédiatement l’invocation coranique : « Rabbana taqabbal minna innaka antas Samee’ul Aleem » :
ربنا تقبل منا انك انت السميع العليم
Ô Notre Seigneur, accepte ceci de notre part !
Tu es, en vérité, Celui qui entend tout, (l’Audient) l’Omniscient (Celui qui connait tout)
Bénéfices spirituels majeurs
Cette prière procure deux grâces essentielles :
1.l’acceptation divine de l’œuvre accomplie, par la bénédiction de cette demande humble.
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Une protection salutaire contre le Takabbour (arrogance), qui guette souvent l’âme après une réussite vertueuse.
Sagesse grammaticale profonde
La puissance de cette invocation réside dans sa structure même, éclairée par l’exégèse d’Allama Alousi* dans le Tafsir Rouh al-Ma’ani.
Le verbe « Taqabbal », issu de la forme verbale Tafa’oul, implique un aveu d’imperfection (i’tiraf bil-qousoor) : le serviteur reconnaît que son adoration, aussi sincère soit-elle, n’est pas digne de la grandeur illimitée de Dieu. Il implore ainsi l’acceptation non par mérite propre (bila istihqaq), mais par pure grâce divine (karam), restaurant l’humilité face à la majesté transcendante.
Antidote précis contre l’orgueil
Appliquée aux maladies de l’ego, cette invocation agit comme un remède souverain contre le ‘Oudjb – عجب – (vanité ou auto-satisfaction) et le Kibr – کبر -(orgueil ou supériorité sur autrui).
Contre le Kibr – qui ajoute au narcissisme un mépris des autres (ghamtoun naas) –, la reconnaissance d’une acceptation gratuite anéantit tout fondement de supériorité, car nul ne saurait s’élever s’il dépend uniquement de la générosité divine.
Le Kibr – كبر – est ainsi défini dans un Hadith : غمط الناس و بطل الحق : Refuser une vérité même lorsqu’elle est présentée clairement, et le mépris pour autrui.
Leçon pour les serviteurs de la religion
Pour tous les khaadimou dîne (serviteurs actifs de la foi), cette habitude post-action constitue un bouclier fondamental contre les pièges du ‘Oudjb et du Kibr. Elle replace le fidèle à sa juste place : celle d’un humble demandeur, comptant non sur la qualité de son effort, mais sur l’immense miséricorde de Dieu.
Note de l’éditeur :
Ce conseil est d’autant plus précieux à l’orée du mois de Ramadan. Pour profiter de ce mois, l’un des enjeux du croyant est de déceler les voiles qui l’éloignent de son Seigneur !
Rabane takabal mina inaka anta Samirum Ralim 🤲🤲🏿🤲🏻