• Toilettes sèches en chantier participatif

    Nous avons pu tester notre résistance au froid le samedi avec -7° le matin 😉 puis dès le dimanche le temps s’est radouci !
    Ce chantier du mois de décembre nous a permis de travailler sur :
    • la découpe du bois de chauffage de Farouk pour refaire son stock,
    • la construction des toilettes sèches et
    • la pose d’une clôture de ganivelle pour parquer poules et chèvres.

    Toilettes sèches ou toilettes à litière biomaîtrisée

    A la différence des anges, êtres de lumière, les êtres humains doivent se débarrasser du produit de leur digestion. Le souci est que ces rejets sont gérés actuellement d’une façon polluante, contribuant à détruire notre environnement.

    Ce sujet délicat à aborder touche à un domaine souvent tabou qui est lié à nos pratiques alimentaires, sanitaires et agricoles. Les quelques réflexions ci dessous sont tirées de la documentation que vous trouverez plus bas.

    Dans nos habitudes modernes de sociétés dites civilisées on se débarrasse de nos déjections en titrant la chasse, sans se poser de questions sur le travail d’assainissement qui est mis en place à la suite.

    La cuvette, que l’on s’attache à garder d’un blanc étincelant à coup de produits chimiques et remplie d’eau propre, nous permet d’oublier rapidement !  Les mots » assainissement » et « épuration » nous rassurent mais cachent une autre réalité que ce qu’ils sont censés désigner. Ce serait si simple si l’hygiène et la santé se cachaient derrière l’apparence du blanc éclatant et les termes utilisés !

    L’assainissement généralement pratiqué gaspille une eau potable précieuse fournies par les chasse d’eau. Il mélange les excréments avec les eaux usées des salle de bains et cuisines alors que les excréments pourraient être traités à part comme ils l’ont été pendant des siècles dans certains pays.

    Cette perte de matière organique et celle provenant du fumier des animaux a été compensée depuis le début du 20e siècle par les engrais chimiques.

    À la différence, les toilettes sèches évitent le gaspillage de l’eau, souillée par l’urine et les matières fécales, elles permettent le compostage et le retour à la terre des rejets humains.

    Assainissement ou pollution ?

    En procédant à ce qu’on appelle « assainissement » on renvoie dans les rivières puis à la mer une quantité de déchets importante qui ne peuvent être assimilés correctement par la biosphère. Pourtant, à d’autres époques, notamment sur le continent asiatique les excréments humains retournaient à la terre après compostage. Après un compostage d’une année plus aucune odeur d’excréments, mais une odeur d’humus. On peut aussi réserver ce compost aux arbres fruitiers, aux haies et ne pas l’utiliser sur les légumes.


    Le principal problème est de préserver l’environnement tout en assurant les principes d’hygiène essentiels pour éviter la propagation de maladies. D’où le tout à l’égout pour ne pas reproduire les épidémies de typhoïde et de choléra des siècles passés. Mais cette solution trouve ses limites avec l’augmentation de ses utilisateurs. Les ressources ci dessous donnent des pistes pour pointer de nouvelles solutions.

    Nous reconcilier avec notre nature humaine

    Si pour les musulmans l’urine et les selles constituent une « najassa » impuretés qui doivent être nettoyées pour l’adoration, notamment pour la prière, d’autres considérations peuvent être appliquées à leur traitement. Le musulman doit réfléchir à tous ses actes en lien avec la santé de notre planète. Pour ne pas contribuer à provoquer des nuisances sur la terre. Les nuisances pouvant se situer à tous les niveaux, aussi bien spirituel, moral, social et… écologique. Surtout pour un acte répété chaque jour !
    Traiter le produit de notre digestion demande de nous reconcilier avec notre nature, d’accepter notre situation humaine. La relation avec notre corps et de ce qui en sort est ancrée de façon culturelle dans nos mentalités, les qualificatifs de « sale » « pipi » « caca » illustrent bien comment on veut se « débarrasser de tout ça ».
    Habitant à la campagne les solutions sont les plus simples et peuvent être gérées à un niveau individuel. Les solutions pour les villes existent aussi mais ne pourront être mises en oeuvre qu’à une échelle collective.



    Voici quelques ressources pour approfondir la question :
    Nous avons choisi le système des « toilettes à litière biomaîtrisée » décrit ci dessus dans le dossier eautarcie, il y est expliqué pourquoi ne pas séparer l’urine des fèces. Il est adapté même pour les musulmans qui se l’avent avec de l’eau* au lieu de s’essuyer. L’important étant que la décomposition se fasse de façon aérobie et non anaérobie comme le purin des élevages hors sol par exemple.
    *Au passage faisons la différence entre « tartinage » essuyage avec du papier – passez moi l’expression mais elle illustre la réalité – et lavage des sphincters et parties d’où sort tout ce dont on vient de parler.


    La pose de ganivelle

    Deuxième chantier du week-end, la pose de ganivelle, barrière en lames de châtaigner permet de garder les poules et les chèvres en dehors du jardin, plus facile de ménager la chèvre et le chou 😉
    Rendez vous au prochain week-end les 21 et 22 janvier 2023 !
    Article à suivre.

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.